vendredi 12 mars 2010

Ani Di Franco - "Revelling" & "Evolve"


Peut-on préserver sa liberté de pensée au sein de la grosse industrie musicale ? Dans les années 50, la culture rock & roll a jugé bon de se défaire du joug des majors si elle voulait garder son essence même. Pour ne pas perdre le marché, les majors ont alors tenté de racheter les labels indépendants en leur garantissant malgré tout une certaine autonomie dans la gestion des artistes. Les majors s'organisèrent de fait par un regroupement de labels tout en ayant la main mise sur le réseau de distribution. De nos jours, les 4 majors que sont EMI, Warner, Sony et Universal possèdent plus de 70 % du marché des ventes de la musique. Cependant, avec le développement d'internet et de la musique mise en ligne, les consommateurs modifient leurs comportements, ce qui pourrait changer la donne d'ici peu.

Des artistes tels que Ani Di Franco parviennent heureusement à résister à ces bulldozers commerciaux. Cette américaine quadragénaire revendique fièrement dans ses chansons son indépendance rendue possible grâce à la création de son propre label, à l'âge de 18 ans avec 50 $ en poche, Righteous Babe Records. Elle peut de cette manière aborder des thèmes tels que la politique et les inégalités sociales, le racisme, sa bisexualité, la religion, le féminisme ou encore l'environnement. Accompagnée de sa guitare, elle compose des ballades d'influence folk-rock. En jouant avec les alittérations, elle s'est appropriée un phrasé rythmé, parfois parlé, parfois chanté, bien à elle. Il s'agit d'une artiste étonnament prolifique, avec au minimum un album par an et ce depuis 20 ans. Il reste malgrè tout difficile de se procurer ses albums dans les réseaux de vente traditionnels, le prix à payer de son indépendance! Quelques-uns des albums comme le double Revelling/Reckoning (que je ne saurais vous recommander que vivement) occupent les bacs en France. Pour ce qui est du reste, il est possible de les commander sur internet sur le site de Righteous Babe Records . Leurs prix varient de 8 à 20 $. Et c'est important, je pense, d'encourager ce genre d'initiative.


Le premier morceau que j'ai choisi s'intitule Slide (Evolve, de 2003). Il est assez représentatif, je trouve, de l'ensemble de son oeuvre. Il mêle un rythme pêchu, un peu rock, son fameux phrasé, de légers choeurs et des notes jazzy avec les cuivres.



Le second se nomme Subdivision, extrait du double album Reckoning/Revelling (2001). Il parle de la manière dont la communauté blanche aux Etats-Unis traite les afro-américains. Comme ici, elle n'hésite pas à soulever encore certains tabous, empreints à l'amérique puritaine.



Sites :
myspace
wikipedia
Righteous Babe Records
infos, paroles & partitions

Dans le cas où les ayants-droits de ce morceau le souhaiteraient, nous pouvons supprimer le lien de téléchargement. Il suffit de nous en faire part dans les commentaires.

mardi 9 mars 2010

J Dilla - E=MC²



Bon, je peux bien vous le dire, maintenant.
La raison pour laquelle j'ai fait mon lourd avec le post précédent est que je voulais absolument vous faire part de ma passion pour James Yancey, a.k.a. Jay Dee, a.k.a. J Dilla.
Ce producteur de génie était la véritable pierre angulaire du collectif des Soulquarians. Si Questlove était celui qui était souvent mis en avant, c'est tout autant pour ses qualités de producteur, de bon interviewé que de bon gestionnaire (celui capable de réunir tout le monde, c'était lui). Par contre, le véritable inspirateur de l'ensemble était Jay Dee.

Ma découverte de ce producteur incroyable s'est faite en deux temps.
Un premier à travers un son de dingue pour l'époque : Runnin' du groupe de hip hop californien The Pharcyde, sorti sur leur album Labcabincalifornia en 1995. D'ailleurs, le nombre de reprises (the Visioneers, dernièrement) ou de références à ce morceau est indénombrable (Hocus Pocus en jouait un extrait dans les premiers instants de leur dernière tournée et il est rare de passer une soirée hip hop digne de ce nom sans en entendre quelques notes).
Dans un deuxième temps, je me souviens avoir lu une interview de Questlove (the Roots) dans un fanzine consacré au hip hop. C'était lors de leur tournée en 1996, à l'occasion de son passage à Nantes. Au détour d'une question, Amir Thompson s'est interrompu pour faire écouter un CD à l'interviewer en lui disant : "écoute ça, c'est le son du futur. C'est un groupe de Detroit qui s'appelle Slum Village". Vu ma passion pour the Roots et ma dévotion au dieu Questlove, il fallait absolument que je sache de quoi il s'agissait. Il aura fallu attendre plus de trois ans et la sortie de l'album "Fantastic vol. 2" de Slum Village pour faire le lien avec le morceau des Pharcyde. Entre temps, de nombreux morceaux sont parvenus à mes oreilles, sans que je sache qu'il s'agissait toujours du même producteur. Mais après tout, c'est normal, Jay Dee avait un jour dit que ce dont il rêvait, c'était de créer des morceaux si différents qu'il serait impossible de le reconnaître.

Mais reprenons un peu son histoire.
Jay Dee venait de Detroit, ville ouvrière dédiée au secteur automobile. Le climat musical y est principalement tourné vers la house music (dont c'est le berceau), mais on peut également y croiser quelques producteurs de hip hop avec un son spécifique. En ce qui concerne Jay Dee, il croisera surtout Amp Fiddler - joueur de clavier génial, très porté sur le funk pesant du type P-funk (Bootsie Collins) ou du style de George Clinton ou Prince (avec qui il jouera pendant quelques années). Bon, tout ça pour dire que c'est Amp Fiddler qui a le premier mis une boîte à rythme dans les mains de Jay Dee.

Il ira plus tard travailler à Los Angeles pour les Pharcyde, mais c'est ensuite sur la côte Est des Etats Unis qu'on le retrouve, à travers des productions conjointes avec les membres du groupe A Tribe Called Quest. Les morceaux sont signés The Ummah (d'où mon ignorance quant à la présence de Jay Dee), et voient le style s'épurer petit à petit. On le retrouve également à la production pour De La Soul, mais aussi (et surtout) pour Janet Jackson et son morceau Got til it's gone (avec Q-tip).

Il reste cependant relativement discret pendant toute cette période et la véritable reconnaissance viendra de la sortie de Fantastic vol. 2 (2000), premier album officiel de son groupe de Detroit Slum Village. Un premier album est resté dans les cartons de sa première maison de disque et un second est paru sous le nom de J88 (Best Kept Secret, 2000).
En reprenant l'article consacré aux Soulquarians, vous vous apercevrez de l'abattage de Jay Dee, qui aura participé activement aux albums de A Tribe Called Quest (1998), The Roots (Things Fall Apart, 1999 ; Phrenology, 2002), Common (Like Water For Chocolate, 2000 ; Electric Circus, 2002), Erykah Badu ( Mama's Gun, 2000), Bilal (1st Born Second, 2001).

Et parallèlement, il commence sa carrière solo en 2001, par un morceau incroyable de tension, nommé Fuck The Police, produit en une nuit, suite à un contrôle de police un peu musclé qu'il avait subi quelques heures auparavant. Il enchainera ensuite les albums solos, et des collaborations diverses, comme celle avec son alter ego californien Madlib (sur l'excellent album Jaylib dont on vous reparlera sous peu).

Bref, un emploi du temps bien rempli. Surtout quand on sait qu'il a lutté pendant des années contre une maladie sanguine face à laquelle il a déposé les armes le 10 février 2006. Les derniers albums (Donuts et The Shining) ont d'ailleurs été en partie produits à l'hôpital, un Macbook sur les genoux, une petite platine vynil à ses côtés.

Les références à l'oeuvre de Jay Dee sont diverses. Hocus Pocus, eux encore (dans le morceau Voyage Immobile, Place 54, 2007), The Visioneers, The Roots, Stevo, Madlib et bien d'autres encore ont tous témoignés dans leurs albums de leur considération pour Jay Dee. C'est le cas de Robert Glasper et Mos Def, pour une petite vidéo capturé live. Mais c'est surtout dans la musique produite par d'autres artistes que l'on sent le plus l'influence de Jay Dee : Sa-Ra, Strange Fruit Project, Stevo et bien d'autres encore dont vous devriez entendre parler sous peu ici même. Dernièrement, deux enregistrements sont parus (en plus des albums posthumes qui sortent régulièrement) : le premier album de son petit frère (Illa J, "Yancey Boys", 2009 -sur des morceaux produits par J Dilla peu avant sa mort), et surtout A suite For Ma Duke, un Ep de 4 titres et autant de reprises de Dilla par orchestre symphonique, dont les bénéfices sont reversés à la mère de James Yancey, lourdement endêtée par le coût des soins prodigués à son Dilla (à vot' bon coeur...).

Bon, trève de bla-bla (assez pour aujourd'hui) et place à la musique :


Le second morceau est issu du premier album posthume de Dilla et représente bien la dernière partie de son oeuvre, plus axée sur le travail en solo (à cause de sa maladie qui le forcera à des séjours répétés à l'hôpital), n'empêchant pas des featurings généralement excellents, où on retrouve cette recherche d'instabilité dans le son, une sorte de déséquilibre constant.




Dans le cas où les ayants-droits de ces morceaux le souhaiteraient, nous pouvons supprimer les liens de téléchargement. Il suffit de nous en faire part dans les commentaires.

The Soulquarians


"Qu'ouis-je ?" allez-vous pester, "un post sans musique !?!!??"
"Oui", vous répondrais-je.
La raison est simple : le sujet de ce post est un collectif et non un artiste ou un groupe précis. Difficile, du coup, de faire ressortir un seul morceau, et très franchement, ce n'est pas encore dans mes plans de faire une playlist à propos de ce groupe.

Aujourd'hui, je vais donc vous ennuyer en vous parlant des Soulquarians.
Commençons par le nom. Il découle de la contraction de Soul et de Aquarius, le signe zodiacal. Ce nom est semble-t-il venu de lui même quand les quatre fondateurs se sont rendu compte qu'ils étaient tous de ce signe. Dit comme ça, ça fait envie, non ?

Heureusement, le son qu'aura produit ce collectif est plus intéressant et profond que cette anecdote, qui a pour seule qualité de nous montrer qu'ils avaient un peu de recul sur eux-même. Car si on me demandait un jour de décrire mon style de musique préféré, je pense que je ne saurais le faire sérieusement sans parler des Soulquarians.

Qui sont-ils ?
Bon, j'arrête de tourner autour du pot : ces quatres membres sont Questlove (batteur du groupe de hip hop The Roots), D'Angelo (chanteur, pianiste bassiste), James Poyser (pianiste, producteur) et Jay Dee ou J Dilla (rapper, producteur).
La spécificité des Soulquarians est véritablement ce concept de collectif artistique, non restreint à ces seules personnes, mais incluant également tous les participants aux jam-sessions, aux enregistrements studio, aux tournées, ... Il faut voir par exemple les crédits sur certains albums où même les hand claps sont mentionnés comme si sans l'intervention de telle ou telle personne, le son aurait pris une autre direction.
Pour donner quelques pistes de recherche, on peut citer parmi les membres récurrents : Erykah Badu, Jill Scott, Bilal, Bahamadia, Common, Mos Def, Talib Kweli, Slum Village ou encore Q-tip, mais également des personnalités moins connues, comme l'ingénieur du son Bob Powers (qui a même travaillé avec Alliance Ethnik sur certains morceaux), Pino Palladino, Zap Mama, Ursula Rucker, Jaguar Wright, Raphael Saadiq, Cody Chesnutt, l'excellent trompetiste Roy Hargrove et même la trop méconnue Vinia Mojica.

Quel est leur style musical ?
Comme bien souvent, quelqu'un de peu familier avec ce genre de musique pourra penser que toutes leurs productions se ressemblent. C'est vrai que dans l'ensemble, on reste dans un univers hip hop très marqué. Mais pour ceux qui ont une oreille un peu plus experte dans le domaine, il est possible de distinguer un nombre d'influences considérable : de Marvin Gaye à Jimmy Hendrix, de Bob Marley à Fela Kuti, toute la musique afro-américaine y passe pour être digérée et ressort sous une forme à la fois très maîtrisée et diverse. Des albums des rock de The Roots, Common et Cody Chesnutt, on peut très bien passer au jazz/funk du RH Factor, de la soul contemporaine de D'angelo ou Erykah Badu, on peut aller jusqu'aux racines africaines de Zap Mama.
Pour caractériser l'essence de ce son, il faut prendre conscience des rythmes du hip hop classique, qui, sortant la plupart du temps de boîtes à rythme, sont calés comme des métronomes. Les Soulquarians, eux ont pris le parti dès le départ de se défaire de ce carcan en introduisant volontairement des légers contretemps. À la différence du swing pour le jazz, qui est l'art du contre temps maîtrisé, ils ont introduit un côté irrégulier grâce justement aux hand claps, réalisés en studio et non répétés par des machines. Cela peu semble un détail, mais c'est en réalité ce qui fait toute la différence. Beaucoup parlent d'ailleurs du son de Jay Dee comme d'un son "dirty", qu'il cherchait volontairement à dégrader, à égratigner pour lui insuffler plus de vie.

Quels albums écouter ?
Au final, les albums qui auront été officiellement produits par les Soulquarians sont très peu nombreux, surtout quand on voit le nombre de personnes incluses dans ce collectif. C'est essentiellement autour de l'an 2000 que sont sortis ces albums. Les plus marquants sont sans conteste le trio Voodoo (D'Angelo, 2000), Like Water For Chocolate (Common, 2000) et Mama's Gun (Erykah Badu, 2000). Ces trois albums, enregistrés simultanément au Electric Lady Studio (ancien hotel en plein coeur de Manhattan transformé en studio d'enregistrement par Jimmy Hendrix) ont été parait-il un bouillonnement constant d'idées et d'échanges, menant parait-il à des jam-sessions enfiévrées. Pour aller plus loin, on peut également citer Things Fall Apart (The Roots, 1999), 1st Born Second (Bilal, 2001), Phrenology (The Roots, 2002) et Electric Circus (Common, 2002), qui explorent des horizons un peu plus lointains, et dont le son est, du coup, moins estampillé Soulquarians.

Pourquoi n'ont-ils rien produit d'autre ?
Du fait même de leur (non) organisation sous forme de collectif, les véritables réunions des ces membres est toujours compliquée. Entre les tournées, les projets externes, les emplois du temps surchargés, difficile de les faire se croiser suffisamment longtemps pour produire un album entier. Dommage pour nous. Enfin, pour moi, en tous cas.
Mais bon, cela n'empêche pas leur son de survivre à travers un nombre incroyable d'artistes dans le monde entier qui aura vibré pour ce type de son, même si, bien entendu, c'est aux Etats Unis que l'on trouve le plus de disciples.

Bill Withers - Just as I am


Bill Withers! Ce nom ne vous évoque rien et pourtant il mérite que l'on s'y attarde. "Pourquoi?" me direz-vous! Parce qu'il est l'auteur de plusieurs morceaux mondialement connus et qu'il est important de rendre hommage au compositeur. Il arrive fréquemment que l'on reconnaisse une musique sans savoir d'où elle provient, qui l'a écrite et interprétée. Parfois, on remarque que c'est une version différente, jouée dans un autre registre et parfois, on est surpris de découvrir la version authentique. Ce qui s'avère être la reprise nous semblait tellement être l'original! Eh bien "Ain't no sunshine" est le morceau par excellence de ce genre de situation. Il a été repris par maints artistes pour ne citer que Roy Ayers, Marvin Gaye, Al Jarreau, The Police, Cat Stevens, Van Morrison, D'Angelo, Lenny Kravitz, Mickael Jackson ou encore Joss Stone. Liste exhaustive.

Dans cette toute première version, qui est extraite de Just as I am (1971), Bill Withers chante et joue à la guitare. Il est accompagné par Donald "Duck" Dunn à la basse et par Al Jackson Jr à la batterie. Parmi les 9 albums de Bill Withers, d'autres chansons telles que "Use me", "Who is he (and what is he to you)?", "Lovely day" ou "Just two of us" connaissent également de nombreuses interprétations. Alors pour ceux qui ne connaissent pas encore la version originale, comblez vos lacunes ;-)


Regarder la version originale

Regarder la reprise de Boris Gardiner (version reggae/soul)

Ecouter la reprise de Isaac Hayes

Regarder la reprise de Sting

Regarder la reprise de Freddie King (Blues/soul)

Site officiel
Biographie Wikipedia

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lundi 8 mars 2010

Troublemakers - Lemon


Vous avez adoré le morceau de DJ Shadow ? Vous voulez le mettre dans toutes vos playlists ? Vous voulez l'inclure dans vos meilleurs mixes ? Vous ne savez pas avec quoi l'enchaîner ? Vous n'en dormez plus ?
Ne vous inquiétez pas 410 Collective a une solution pour vous.
Ou plutôt ce sont les Troublemakers qui sont là pour vous aider.

Ces producteurs se sont d'abord fait connaître sous forme de trio dans la région de Marseille via une radio associative sympathiquement dénommée Radio Grenouille. Ils y animaient une émission hebdomadaire majoritairement orientée vers la musique afro-américaine. Un premier album assez orienté électro est sorti en 2001 (Doubts and Conviction), laisant transparaitre un certain goût pour les ambiances cinématographiques.

Quelques tribulations plus tard, le trio a muté en duo et signe chez le label Blue Note pour la production de leur deuxième album : Express Way (2004). A sa sorite, une version collector est disponible contenant un DVD en supplément. On peut y avoir la confirmation de leur attirance pour le cinéma, via la présence d'un court métrage réalisé par leur soin dans les rues de Marseille, avec bien entendu quelques musiques de Express Way en guise de bande son.

Comme le laisse supposer le petit logo Blue Note, cet album sonne beaucoup plus jazz que le premier. La musique y parait plus vivante. D'ailleurs, à l'image du morceau de DJ Shadow (This Time), difficile de savoir ce qui a été samplé, ce qui a été programmé et ce qui a été joué.
D'autant plus que de nombreux vocalistes ont été appelés à la rescousse, comme Gift of Gab (rapper de Blackalicious) ou encore (il me semble) Rodolphe Burger (chanteur de Kat Onoma). N'ayant pas la pochette sous les yeux, je ne saurais dire qui prête sa voix à Lemon, le morceau d'aujourd'hui.

A vrai dire, les Troublemakers ne m'aident pas vraiment, leur site étant apparemment bloqué, wikipédia étant plus que laconique et itunes ne disposant pas de tous les crédits. Bref, je suis obligé de tout régurgiter de mémoire, sans pouvoir vérifier si je ne raconte pas trop de conneries.

Du coup, pour en savoir plus : débrouillez-vous (en fait, achetez les albums, c'est vraiment du bon son).

Un lien vers l'excellente Radio Grenouille, avec plein de mixes, d'interviews, d'émissions, entièrement téléchargeables. Attention, y mettre un pied, c'est y passer des heures. Vous êtes prévenus.

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dimanche 7 mars 2010

DJ Shadow - This Time (I'm Gonna Do It My Way)



Pour rebondir sur le post précédent et la Bay Area, j'ai voulu réhabiliter un peu un album très décrié à sa sortie, à savoir "The Outsider" dernier album en date de DJ Shadow, paru en 2006.

Pour cet album, le roi du sample a cherché à se détacher au maximum de ses premiers morceaux, paru chez le mythique label anglais Mo Wax au milieu des années 1990, quitte à décevoir ses fans de la première heure.
Las de se voir demander à chaque fois une redite de "Endtroducing..." (1996), DJ Shadow a choisi de produire un album orienté vers le Crunk, variante très abstraite de hip hop. Fini donc les samples dénichés au plus profond de la cave de son magasin favori (situé à Sacramento, voir le film documentaire "Scratch" pour saisir) et place à du son beaucoup plus synthétique : moins de mélodies et plus de MCs, en quelque sorte.

Au milieu d'une majorité de morceaux très difficiles d'accès, auquels je suis assez imperméable en définitive, on peut dénicher quelques perles. C'est le cas, par exemple de This Time (I'm Gonna Do It My Way)", plage plutôt entraînante et qui prend le contrepied du crunk. Un morceau où toute la place est donnée aux instruments, où la mélodie est plus présente que jamais chez DJ Shadow.
Il est d'ailleurs difficile de reconnaître la patte du producteur californien dans cette chanson. Mais au final, elle montre bien qu'il n'a rien perdu de sa finesse.

J'aimerais pouvoir en dire plus sur ce morceau, et notamment ses origines, mais il semble que ce soit assez compliqué de remonter jusqu`à la source. Sur les notes de pochette, on peut tout de même lire "vocalist unknown" et "Instruments played by The Heliocentrics". J'ai également trouvé ceci sur Youtube, mais cela ne nous éclaire pas beaucoup plus sur le travail de DJ Shadow...



Pour en savoir plus sur DJ Shadow :
Wikipedia
Site Officiel
Un blog très complet
Une page sur The Outsider

Un petit truc sur les Heliocentrics :
myspace
Label Stones Throw

Et pour ceux que ça intéresse, le film Scratch :
allocine

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Crown City Rockers - Earthtones


Oakland... comment fais-tu pour engendrer autant d'artistes ? Cette ville, faisant face à San Francisco et accolée à Berkeley accueille la plus grande communauté afro-américaine de la baie. Elle incarne le modèle des ghettos américains avec son lot de pauvreté et de violences (l'un des plus forts taux de criminalité aux USA). Les tensions entre communautés sont bien palpables dans la rue. Mais comme bien souvent, en réaction à des conditions de vie précaires, la musique contestataire, et tout particulièrement le rock et le hip hop, jaillit. De fait, le quotidien d'Oakland inspire bien des musiciens, pour ne citer que Zion I, Blackalicious, DJ Shadow ou encore Crown city rockers. Ce dernier dont il est question aujourd'hui est un groupe de hip hop avec des vrais instruments, dont le son se situe dans la veine de A Tribe Called Quest ou encore de The Roots. Leur premier album intitulé One sort en 2001. Quant au morceau en écoute "Weekend soul", il est extrait du deuxième album, Earthtones (2004). Il mêle à merveille le beat hip hop, la teinte soul du Rhodes, le jeu de voix et le flow de Raashan Ahmad. Leurs deux premiers albums témoignent d'une grande influence jazz-soul alors que leur dernier paru en 2009 "The Day after forever" tend davantage vers des sons plus électroniques. Place au son!