lundi 15 mars 2010

The Soft machine- Volume One & Two


Comment se construit-on musicalement ? La première référence musicale de toute évidence renvoie au noyau familial. Suivant un processus de mimétisme, l'enfant se détermine tout d'abord par rapport à son entourage, ses parents et ses frères et soeurs. Dès son plus jeune âge, l'Homme imite de manière innée l'empreinte culturelle de son groupe. Mais au fil du développement de son caractère et de ses expériences personnelles, il va se positionner en fonction de cet héritage culturel. Il s'approprie, réinterprète ou rejette les éléments qui lui ont été transmis afin de se définir comme individu à part entière. Chez chacun de nous, je dirais que la musique sollicite physiquement une sensibilité auditive qui nous est propre, psychologiquement des souvenirs et des sentiments qui retracent un vécu à la manière des réminiscences proustiennes et socialement des repères qui renvoient à l'appartenance à un groupe ou à son individualité.

Pour ma part, j'ai grandi dans un univers musical riche et varié. J'en profite d'ailleurs pour remercier mon père de m'avoir fait aimer le blues, le jazz et la chanson française engagée, et ma mère pour m'avoir transmis ce goût immodéré pour la musique au point d'en faire une substance thérapeutique. Pour lui rendre hommage et pour en venir au sujet d'aujourd'hui, je vais vous parler de l'un de ses groupes préférés. Je tiens à préciser qu'elle est une mordue du rock psychédélique et que The Soft machine est la référence en la matière.

Ce groupe britannique, qui doit son nom à l'une de oeuvres de William S. Burroughs, a été créé en 1966 par Robert Wyatt (chant et batterie), Daevid Allen (guitare), Mike Ratledge (clavier) et Kevin Ayers (guitare). Notez que Daevid Allen, contraint de rester en France en 1967 à cause de problèmes de visa, formera le groupe Gong (rock psyché déjanté mais nettement moins mélodieux que The Soft machine d'après moi). A partir de ce moment-là, le groupe ne cessera de connaître de multiples reformations. Pour remplacer Daevid Allen, le groupe fait appel à un certain Andy Summers, qui ne sera autre que le futur guitariste de The Police. En 1969, Ayers disparaît sans donner d'explication. Hugh Hopper prend alors sa place. Ce dernier joue de la basse mais aussi du saxo et de la guitare et surtout, il compose activement. En 1974, Ratledge, l'un des derniers fondateurs de The Soft machine quitte le groupe. Celui-ci, avec une toute nouvelle formation, persiste encore de nos jours. Il est plus connu sous le nom de Soft machine legacy.

Pour en revenir à la source de The Soft machine, il se fait connaître en faisant les premières parties de Jimi Hendrix et des Pink Floyd. En France, le groupe attire l'attention suite à une performance donnée en 1967 à Saint-Tropez. Il s'agit de la pièce de Picasso "Le Désir par la queue" qui se voit interrompue par les gendarmes, chargés d'assurer la bienséance !!! Les compositions se caractèrisent par la voix de Robert Wyatt, planante et envoûtante avec une teinte de mélancolie, par des rythmes effrénés évoquant le free jazz et par des notes tantôt de piano, tantôt d'orgue qui produisent une atmosphère à la fois aérienne et pesante. Au sein de diverses chansons, les musiciens revendiquent leurs influences au dadaïsme et à la pataphysique. Ce dernier pseudo courant de pensée a été inventé par Alfred Jarry, qui à l'aide de l'absurde et de l'humour voulait remettre en question les théories philosophiques de la métaphysique. Il cherchait à tourner en dérision les discours arrogants de la science moderne. Ainsi au-delà des références littérales dans les chansons de The Soft machine, leur musique psychédélique espère atteindre d'autres horizons que ce que l'expérience scientifique a exploré jusqu'à présent.

A l'aide de mélodies répétitives, de solos interminables avec des effets sonores en résonances et en distorsion, l'auditeur se laisse transporter dans un autre univers le temps d'un album. Il faut d'ailleurs savoir que les albums psychédéliques s'efforcent de soigner les enchaînements de leurs morceaux en assurant une fluidité et une continuité et ce afin qu'il n'y ait aucune coupure qui nous ramène à la réalité.

Je vous recommande la période Robert Wyatt, la vraie des Soft machine, qui va de 1966 à 1971 et surtout The volume one & two, des bijoux musicaux !
Le morceau que j'ai sélectionné s'intitule Dada was here et se trouve sur l'album Volume two (1969).

 

Wikipedia Soft machine
Discographie de Robert Wyatt
Site perso de Soft Machine (biographie, paroles, discographie, etc.)

Dans le cas où les ayants-droits de ce morceau le souhaiteraient, nous pouvons supprimer le lien de téléchargement. Il suffit de nous en faire part dans les commentaires.

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